Vendredi 19 octobre 2007

On dit que le potager, à lui tout seul, demande autant de soin que tout le reste du jardin. C'est vrai !

Mais si on a réussi a trouver des solutions pour réduire l'entretien du jardin (voir par exemple mon sujet de diplôme,
La scie et le Troglodyte), on devrait pouvoir faire la même chose pour le potager.

C'est ce que nous allons tenter de voir, et ce blog relatera les étapes de cette passionnante aventure......

Le site: c'est un potager rectangulaire d'environ 300 m2 clos de murs d' 1,20 m. Il a été longtemps cultivé avec engrais chimiques et pesticides, et entretenu quotidiennement, puis abandonné quelques années. En 2000, il a de nouveau été lentement repris, mais sans produits chimiques. Aucun motoculteur non plus pour labourer le sol.... en bref : on expérimente depuis cette date le jardinage écologique.


Voici le potager à l'hiver 2003, l'arrêt de la végétation permet de voir la structure générale : 

Taill2003potager1.jpg


La première intention immédiate a été de retrouver l'état initial du potager au temps de sa splendeur : fruits, légumes à foison, sur toute la surface. C'est ce qui a été tenté pendant quelques temps, en mettant en culture un peu plus de surface chaque année.


En été 2004. Une première moitié est à peu près dégagée (premier plan), on retrouve des framboisiers et des groseilliers datant de Mathusalem (au moins !). Le peu de temps disponible pour le potager fait renoncer très vite à une "propreté" parfaite... En été, les cultures souffrent : la terre argileuse devient très compacte avec la sécheresse. Et on a beau arroser, cela ne semble jamais suffisant... un tilleul dont on voit quelques feuilles dans le coin haut et à droite de la photo glisse ses racines à cet endroit. Ceci peut expliquer cela.

Taill2004potager1.jpg



En 2005, fin du printemps. Grâce à un apport continu de paillage (feuilles mortes, herbe tondue...) et au travail des vers de terre, la terre s'améliore petit à petit dans cette première moitié. Le potager fait pousser des cris d'horreur aux voisins qui l'aperçoivent, mais les récoltes sont généreuses. Cependant, près du tilleul, le problème persiste en été.
Taill2005potager.jpg


En 2006. Pris depuis l'autre côté. On voit le tilleul incriminé au fond. Devant, la seconde moitié commence à être cultivée, avec une expérience de cultures associées. L'entretien est toujours très prenant, pour un résultat finalement décevant... à l'automne, je commence mon année de diplôme, et le temps accordé au potager se réduit encore.
Taill2006potager.jpg

En automne 2007. Après un an où l'entretien a été réduit, c'est de nouveau la friche.
potager-jungle.JPG

Voilà l'état où l'on est rendu aujourd'hui....... A l'évidence, on ne parvient pas à obtenir les résultats d'avant. Lorsqu'on a un bon souvenir du passé, on cherche souvent à en reproduire l'image fidèle sans même penser à faire différemment. Mais la décision de jardiner écologiquement change déjà tout, et il s'agit maintenant de trouver des idées et de les expérimenter in situ, afin de rendre compatible cette orientation avec les conditions d'aujourd'hui : besoins familiaux restreints, peu de temps disponible pour l'entretien.

Si l'expérience que nous allons mener à partir de maintenant s'avère concluante, on pourra dire que le potager a réussi sa révolution écologique, passant de pollueur (avec les pesticides employés avant) à protecteur de la nature...

(Ceux qui seraient tentés d'y voir un parallèle avec notre société, et ses difficultés à opérer une telle révolution, n'ont pas tout à fait tort et reçoivent mes compliments...)
 

A suivre...

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Jeudi 25 octobre 2007

L'idée directrice du projet découle d'un faisceau d'observations, de contraintes et de désirs qui se combinent.

1. La surface de 300 m2 est trop vaste pour être intégralement cultivée en potager, car ce dernier demande un soin régulier et un certain investissement en temps qui n'est ni accordé ni prévu.

2. En conséquence d'un relâchement des soins, la "jungle" a vite pris le dessus, étouffant les légumes et les fruits en place.... et scandalisant les passants.... mais celle-ci n'a pas que des mauvais côtés.

3. Les bons côtés de la "jungle" : 
     - abriter une biodiversité intéressante : crapauds et orvets détruisent les limaces, rainettes arboricoles et machaons, espèces protégées, y trouvent refuge, on y observe de nombreux insectes et petits animaux. rainettemachaonfenouil.JPG
     - ensuite, pendant l'expérience de cultures associées, un carré cultivé était entouré des hautes herbes sauvages : on a remarqué que les cultures s'y portaient mieux que celles qui étaient dans un environnement plus net, avec une végétation basse. Apparemment, la "jungle" préserve une fraîcheur de l'atmosphère favorable à la bonne santé des cultures.

4. Les mauvais côtés de la jungle viennent surtout des espèces qui la composent aujourd'hui, c'est-à-dire essentiellement les plantes qu'on appelle couramment "mauvaises herbes", qui ont leur utilité ailleurs dans le jardin, mais qui sont plus costaudes et plus rapides à conquérir l'espace que les plantes que l'on cultive dans un potager classique, dont elles deviennent des concurrentes : chiendent, liserons, etc.

Le problème se pose ainsi : comment apprivoiser cette grande surface pour y faire un potager adapté au mode de vie des habitants, en gardant les bons côtés de la jungle tout en en éliminant les moins bons ?

Idée: installer le potager dans des clairières.

Je m'explique: seules quelques petites surfaces seraient cultivées de façon dense, en utilisant la technique des cultures associées. Entre ces "clairières", une végétation haute jouerait le rôle de régulateur climatique des cultures.

Cette végétation d'entre-clairières pourrait être composée à la fois de ligneux, permanents et donc structurants (par exemple des groseilliers ou pourquoi pas un arbuste ornemental), de plantes vivaces et de plantes annuelles (des engrais verts et des fleurs).


A part les éléments structurants, on pourrait imaginer que le dessin du potager changerait régulièrement: une clairière cultivée un an ou deux pourrait laisser la place à des engrais verts et des fleurs, et une surface ayant porté des engrais verts serait mise en culture à la place.

Ces premières idées posées, on peut déjà commencer à préparer le terrain... en fait, tout se fait un peu en même temps : le lent arrachage du chiendent laisse tourner l'imagination, on fait quelques croquis, on retourne sur place imaginer tout ça dans l'espace, on redégage un bout de terrain, etc...parfois on a hâte de pouvoir tester très vite sur place ce qu'on a dans la tête, mais je crois en la vertu de la lenteur en ce qui concerne le jardinage. Ce n'est jamais un mal d'être forcée à mûrir une idée avant de la réaliser !

A suivre...


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